Femmes et problématique du genre

La notion de genre dans la procédure d’asile renvoie à toutes les problématiques liées à l’appartenance sexuelle, à l’identité sexuelle ou à l’orientation sexuelle. Elle englobe donc non seulement les persécutions subies principalement par les femmes, par exemple les mutilations génitales ou le mariage forcé, mais aussi la question de l’homosexualité, le viol ou la prostitution forcée.
Les demandes liées à l'appartenance sexuelle peuvent être présentées aussi bien par des hommes que par des femmes, même si, en raison des formes spécifiques de persécutions, ces demandes sont le plus souvent présentées par des femmes.
Les persécutions liées au genre sont actuellement toutes prises en considération comme motifs pouvant donner lieu à la reconnaissance du statut de réfugié.
Le CGRA accorde une attention particulière au traitement des demandes d’asile introduites pour ces motifs:
Le CGRA a désigné en 2005 une coordinatrice de la problématique « genre ». Celle-ci est notamment chargée de déterminer des directives de traitement de demandes d’asile introduites par des femmes, en tenant compte de la spécificité et de la vulnérabilité de certaines femmes demandeuses d’asile, et de rendre plus homogène l’application des directives.

Il a également désigné des personnes de référence pour le genre dans chacune des sections géographiques du CGRA. Chaque personne de référence est chargée de repérer les besoins existant au sein de sa section, en particulier en matière de formation et d’information, concernant les problématiques liées au genre.

Le CGRA a aussi organisé des formations et des journées de sensibilisation, notamment sur les mutilations génitales féminines ou sur la manière d’auditionner des personnes déclarant avoir subi des abus sexuels.
Un certain nombre de facilités sont en outre prévues pour les demandeuses d’asile par le CGRA:

  • en répondant au questionnaire de l’OE, elle peut demander que l’agent du CGRA qui l’auditionnera soit une femme. Elle peut également demander à être assistée par une interprète féminine. Le but est de créer des conditions d’audition telles que les demandeuses d’asile puissent invoquer tous les motifs pour lesquels elles estiment avoir une crainte par rapport à leurs pays d’origine;
  • une garderie est organisée pour la prise en charge des enfants de 1 à 12 ans accompagnant la demandeuse d’asile n’ayant pu trouver d’autre solution de garde pendant l’audition. Une telle possibilité lui permet d’être plus sereine car elle ne devra pas exposer son récit en présence de son enfant.

Problèmes spécifiques
Certains demandeurs d’asile peuvent être confrontés à des problèmes spécifiques, notamment être victimes de la traite des êtres humains.
Si un demandeur d’asile se sent concerné par un de ces cas:

  • sa situation en Belgique ne correspond pas à ce qu’on avait annoncé;
  • il se trouve en Belgique à cause de personnes qui ont menti;
  • il est maltraité, exploité, menacé, obligé de faire des choses qu’il ne veut pas faire;
  • ses documents ont été confisqués et il ne parvient pas à les obtenir;
  • il ne reçoit pas le salaire promis;
  • il est souvent enfermé, isolé du monde extérieur.

Des associations peuvent l’aider, l’accueillir, l’écouter et lui trouver un logement sûr. 
Ces associations sont:
A Bruxelles : Pag-asa
02/511 64 64
www.pag-asa.be
A Anvers : Payoke
03/201 16 90
www.payoke.be
A Liège : Sürya
04/232 40 30
www.asblsurya.be

En tant que victime de la traite des êtres humains, le demandeur d’asile peut obtenir un titre de séjour et la protection des autorités belges, dans certaines conditions.