Minorités sexuelles et de genre

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La présente recherche rassemble des informations sur la situation des minorités sexuelles et de genre en Angola, en particulier sur la situation des homosexuels, des lesbiennes et des personnes transgenres.

Ce document rassemble des informations sur une période de cinq ans, du 1er juillet 2018 au 1er novembre 2023. Le Cedoca a clôturé les recherches le 15 novembre 2023.

Les autorités tentent de lutter contre les discriminations à l’égard des personnes LGBT en faisant appel à des institutions publiques telles que le ministère de la Santé, le ministère de la Justice et des Droits humains et l’INLS. Des organisations LGBT constatent toutefois l’absence quasi-totale de politiques publiques en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre.

Les relations homosexuelles ne sont plus sanctionnées dans le nouveau Code pénal entré en vigueur en février 2021. Le nouveau code interdit en outre toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle, notamment en matière d’emploi, mais pas sur la base de l’identité de genre. Plusieurs sources pointent toutefois l’absence de directives officielles relatives à l’application des nouvelles dispositions légales et l’absence de lois pour soutenir les droits des minorités sexuelles et de genre.

Les sources consultées ne font pas état de poursuites judiciaires visant des personnes LGBT. D’autre part, selon AI, les autorités ne parviennent pas à protéger les personnes LGBT contre les discriminations et les violences, et très peu de plaintes déposées par des personnes LGBT débouchent sur un procès devant un tribunal. Les sources ajoutent en outre que les plaintes pour discrimination ou violences introduites par des personnes LGBT ne servent pas à grand-chose à cause de la corruption, du manque d’informations et des préjugés au sein de la police, alors que des policiers sont parfois eux-mêmes auteurs de violences. Des arrestations arbitraires ont lieu régulièrement, surtout de femmes trans travailleuses du sexe. Les personnes LGBT portent donc rarement plainte. Le nouveau Code pénal n’a rien changé à cet état de fait, selon des militants LGBT.

Selon une étude commanditée en 2017 par USAID, près d’un quart des HSH est marié ou cohabitant, beaucoup de HSH cachent leur orientation sexuelle à leur famille et à leur entourage. La peur d’une révélation publique est moins grande à Luanda, ville relativement progressiste et tolérante, que dans les régions rurales et les petites agglomérations, où les préjugés et l’exclusion sociale sont courants.

Les préjugés, la stigmatisation, la discrimination et la violence sont des facteurs importants qui font encore obstacle à un accès égalitaire aux soins de santé, à l’éducation, au marché du travail et à un procès équitable. Il ressort de l’étude commanditée en 2017 par USAID qu’un cinquième des HSH et plus du tiers des femmes trans avaient subi des violences dans l’année écoulée, notamment de la part de la police. Mais c’est la famille qui est souvent la principale source de discrimination et de violence selon plusieurs sources. Les personnes LGBT qui sont contraintes de quitter le domicile familial se trouvent souvent dans une situation précaire.

Selon plusieurs sources, les personnes trans forment le groupe le plus marginalisé au sein de la communauté LGBT. Le mouvement LGBT angolais est toutefois relativement ouvert aux femmes trans.

L’accès aux soins de santé reste problématique. Les personnes LGBT sont réticentes à recourir à des soins médicaux à cause du manque d’information et de formation du personnel soignant, par crainte d’être stigmatisés par les soignants, qui refusent parfois de fournir des soins, ou parce qu’elles ont des doutes sur la confidentialité des tests VIH, selon l’étude commanditée en 2017 par USAID. Les militants LGBT évoquent également des discriminations et des violences à l’école, en raison notamment du manque de matériel pédagogique et de directives concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le taux d’abandon scolaire est élevé parmi les personnes LGBT, ce qui est cause de précarité sur le marché du travail, où elles sont souvent victimes de discriminations, de harcèlement sexuel et d’exploitation.

Luanda compte quelques lieux où la communauté LGBT peut se rencontrer sans crainte d’être agressée, selon une militante LGBT. L’organisation AIA a ouvert en 2020 une maison de la culture, No Cubico, qui fait également office de refuge pour personnes LGBT.

L’USDOS ne constate aucune restriction légale aux organisations LGBT officielles et informelles, qui peuvent fonctionner librement mais font face à des problèmes financiers et logistiques. D’importants défis bureaucratiques demeurent pour obtenir l’agrément officiel. La participation des organisations LGBT aux politiques publiques se limite presque exclusivement à la stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA.

Policy

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas une note de politique de traitement disponible sur le site Internet du CGRA.

Land: 
Angola