De veiligheidssituatie

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Ce COI Focus est une mise à jour du COI Focus Libanon - De veiligheidssituatie du 7 août 2018. Les recherches concernent la période allant d’août 2018 à avril 2019. Les recherches ont été clôturées le 4 avril 2019.

Ce COI Focus examine les conditions de sécurité au Liban. La première et la deuxième partie décrivent respectivement le contexte et la situation actuelle de la violence au Liban. La troisième partie présente les acteurs qui déterminent les conditions de sécurité au Liban. La quatrième et la cinquième partie traitent respectivement de la nature et de l'intensité de la violence dans les différentes régions ainsi que des risques qui en découlent pour les civils.

Cette analyse se propose de donner une vue d'ensemble des conditions de sécurité au Liban. Le rapport ne dresse pas de liste exhaustive des incidents liés à la sécurité qui se sont produits au Liban. Les incidents mentionnés servent principalement à indiquer la tendance générale au Liban ou dans une certaine région du pays.

Au Liban, le pouvoir est partagé selon des quotas confessionnels, d’où un système politique fortement polarisé, enclin aux conflits et à l’ingérence étrangère. Le Liban connaît un État faible et un fragile équilibre confessionnel. La prolifération des armes et la présence de milices armées entraînent un risque de sécurité pour les civils libanais, d’après le Conseil de sécurité de l’ONU. Le pays a subi les contrecoups de la guerre civile en Syrie, qui a accentué la polarisation de la vie politique, suscité une crise massive de l’asile et aggravé les tensions confessionnelles. L’on observe une polarisation croissante entre sunnites et chiites au Liban. D’autre part, comme la guerre civile libanaise reste fortement présente dans la mémoire collective du pays, les dirigeants politiques et religieux appellent la population au calme à chaque nouvelle flambée des tensions. Selon les observateurs, les règles de partage du pouvoir de l’après-guerre et les intérêts des différentes élites religieuses permettent d’éviter une nouvelle guerre civile. Les deux camps politiques libanais maintiennent un dialogue.

À aucun moment, la violence au Liban n’a pris la même ampleur qu’en Syrie voisine. Ces dernières années, elle s’est plutôt limitée à une « guerre de l’ombre », qui a pris la forme d’attentats (principalement contre le Hezbollah et l’armée), d’affrontements près de la frontière entre les différentes parties et d’enlèvements aux motivations confessionnelles. En 2016, 2017 et durant la première moitié de 2018, les observateurs ont constaté une amélioration croissante des conditions générales de sécurité. Les opérations de l’armée et du Hezbollah, ainsi que l’évolution de la situation en Syrie, ont entraîné une nette diminution de la violence.

Le 6 mai 2018, pour la première fois, des élections législatives ont eu lieu, après avoir été systématiquement reportées depuis 2013 pour des raisons de sécurité. À cette occasion, le bloc parlementaire lié au Hezbollah a encore renforcé sa position. Le Hezbollah domine la politique libanaise et le milieu militaire. En outre, il a de facto un droit de veto sur toutes les décisions du gouvernement. Aucune organisation politique libanaise, ni aucun autre État (Iran, Israël) n’a intérêt à une escalade de la violence, ni à prendre le risque d’une guerre civile au Liban.

Des mouvements salafistes locaux ont été démantelés et un grand nombre d’extrémistes arrêtés. Alors qu’en 2014 la plupart des victimes civiles dues aux violences confessionnelles étaient recensées dans les banlieues sud de Beyrouth et dans un certain nombre de quartiers densément peuplés de Tripoli, ce type de violences a maintenant pris fin. Le dernier attentat commis à Beyrouth a été un double attentat suicide dans le quartier chiite de Bourj al-Barajneh (sud de Beyrouth), le 12 novembre 2015. Grâce, notamment, au renforcement des mesures de sécurité et au déploiement de l’armée, il n’y a plus eu d’affrontements armés entre milices sunnites et alaouites à Tripoli depuis avril 2014.

L’autorité étatique a été restaurée dans la région frontalière du nord-est durant l’été 2017, ce qui a permis de réduire partiellement l’impact de la guerre en Syrie sur les conditions de sécurité au Liban. Le Hezbollah et l’armée contrôlent à présent l’ensemble de la région frontalière avec la Syrie. Le départ de près d’un millier de combattants de l’EI et du HTS a mis fin aux affrontements armés qui se produisaient quotidiennement entre l’armée et l’EI/le HTS dans la région frontalière du nord-est.

La fin de la violence armée dans la région frontalière et la prise de contrôle par le régime Assad dans une grande partie de l’ouest de la Syrie ont également mis fin aux attaques depuis la Syrie (tirs de roquettes et de mortier par des groupes rebelles et frappes aériennes de l’armée syrienne). Depuis la fin de l’été 2017, l’on n’a plus signalé de violences le long de la frontière syrienne.

Dans les autres régions du pays, la situation est généralement calme. La situation au Sud-Liban est restée stable pendant la période de référence, malgré les discours menaçants de part et d’autre. La résolution 1701 des Nations unies, qui a mis un terme au conflit entre le Hezbollah et Israël en 2006, est en grande partie respectée par les deux parties. Celles-ci s’en tiennent à un équilibre dans la dissuasion.

Les violences signalées au cours de la période de référence consistaient essentiellement en des violences de nature criminelle, dont des incidents entre clans, dans le cadre desquelles des personnes ont été blessées ou tuées. La région de Baalbek-Hermel abrite plusieurs clans armés influents qui forment de facto des milices et commettent des violences de nature criminelle mais aussi politique. En outre, plusieurs raids et arrestations d’extrémistes présumés ont donné lieu à des fusillades. Enfin, des troubles sociaux ont également été constatés.

Dans les camps palestiniens, à l'exception de celui d'Ayn al-Hilweh, les conditions de sécurité actuelles restent relativement stables. En 2018, les tensions et les violences entre le Fatah et les groupes islamistes ont diminué. Plusieurs membres de groupes extrémistes ont quitté le camp, se sont rendus aux autorités, ont été livrés ou arrêtés. La force de sécurité commune s’est déployée dans les quartiers les plus sensibles. En 2018, au total, sept personnes ont été tuées et dix-sept blessées lors d’incidents isolés de violence entre personnes appartenant à un groupe armé dans le camp. Au moins cinq morts et un nombre relativement élevé de blessés concernaient des civils, étant donné que les incidents liés à la violence ont lieu dans des zones densément peuplées.

Politique de traitement

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont le Bureau européen d’appui en matière d’asile, le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas une note de politique de traitement disponible sur le site web.

Land: 
Liban
Nouvelle adresse CGRA