L'homosexualité

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Ce rapport constitue une mise à jour du COI Focus portant le même titre, daté du 10 mai 2017.

La présente recherche s’intéresse à la situation spécifique des homosexuels au Burkina Faso et se limite dès lors à l’orientation sexuelle. Le terme « homosexuel » désigne tant les hommes que les femmes mais lorsqu’il s’agira d’insister sur la dimension spécifique de l’expérience des uns ou des autres, le Cedoca utilisera alors les termes « gay » et « lesbienne ».

L’homosexualité n’est pas pénalisée au Burkina Faso et le pays ne dispose pas non plus de lois accordant des droits spécifiques aux homosexuels. Le nouveau Code pénal, en voie de finalisation, ne comporte pas de modifications par rapport à l’homosexualité.

La presse, les rapports internationaux et les ONG ne signalent pas des cas d’arrestations, de poursuites judiciaires ou de condamnations sur base de l’orientation sexuelle. Selon les sources consultées, les homosexuels sont parfois arrêtés et poursuivis pour d’autres motifs, comme l’« attentat à la pudeur » ou le « racolage ». Ces cas sont rares et concernent surtout des hommes travestis en femmes dans des lieux publics ou encore des homosexuels qui se prostituent sur la voie publique. Selon un rapport de l’ONG Qayn, « il arrive que des infractions réelles soient davantage sanctionnées lorsqu’elles sont commises par des personnes LGBTQ ». La source ne peut pas déterminer si cette pratique est exceptionnelle ou fréquente.

Il n’y a pas de lois spécifiques condamnant des crimes contre la communauté homosexuelle ou protégeant leurs droits. Les homosexuels peuvent faire appel aux mêmes canaux de protection que tout autre citoyen. Selon les ONG consultées, les victimes de violence homophobe ne portent généralement pas plainte parce que le tabou sur l’homosexualité est trop grand. Quelques cas de plainte sont néanmoins rapportés par la presse locale et par les ONG.

Selon une étude publiée en 2015, les arrestations arbitraires au motif de l’orientation sexuelle par les forces de l’ordre sont exceptionnelles au Burkina Faso, mais lors des arrestations les violences sont systématiques. Un autre rapport, de 2016, précise que les homosexuels craignent les policiers « à cause de leurs insultes, de l’exploitation et de violences punitives » et disent être chassés, humiliés et battus[1].

Quelques responsables d’ONG consultés précisent que des policiers interviennent parfois pour protéger des homosexuels contre des violences, mais que cette protection n’est pas systématique.

Toutes les sources affirment que les homosexuels sont stigmatisés et marginalisés, que l’homosexualité est rejetée par les traditions culturelles et la religion chrétienne et musulmane et que la tolérance envers les homosexuels est très limitée au Burkina Faso. Dans la presse, il y a peu de place pour des articles positifs ou modérateurs.

Selon plusieurs ONG consultées, il y a eu très peu d’incidents publics de violence physique depuis l’été 2017 et la situation s’est calmée par rapport à 2015 et 2016, quand des manifestations homophobes et des actions violentes s’étaient déroulées à Bobo-Dioulasso. Plusieurs experts mentionnent par contre des violences physiques et psychologiques au sein du cercle familial ou de la part du voisinage ainsi que des formes de rejet.

Sous la pression des financiers internationaux, les programmes contre le sida incluent très souvent un volet « homosexuel » et une ONG consultée précise que l’environnement médical est de plus en plus favorable aux homosexuels.

Selon les différentes sources consultées, le climat social n’est pas favorable aux homosexuels, donc la plupart restent très discrets et mènent une double vie. La situation est encore plus difficile pour les lesbiennes qui subissent de très fortes pressions familiales en faveur du mariage, selon plusieurs rapports.

Il n’y a pas de lieux de rencontre exclusivement réservés aux homosexuels. A Ouagadougou, certaines boîtes de nuit sont connues comme des lieux qui leur sont ouverts. Les rencontres se font surtout au sein de réseaux d’amis qui organisent des fêtes privées. Internet est également un moyen pour établir des contacts.

Il n’y a pas d’organisation officielle de défense des droits des homosexuels reconnue au Burkina Faso. Plusieurs structures de santé qui mènent des activités de prévention et de lutte contre le VIH/sida comportent des sections qui s’adressent spécifiquement à la communauté homosexuelle. De telles organisations sont présentes à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et dans certains chefs-lieux de province.

Au cours de ces six derniers mois, les acteurs politiques n’ont pas fait de déclarations publiques homophobes et une source dit qu’à l’heure actuelle, « les partis politiques ne créent pas de problèmes pour les HSH ». Si certains acteurs politiques ont plaidé dans le passé en faveur d’une criminalisation de l’homosexualité, le nouveau Code pénal n’a pas suivi leurs recommandations.

Des autorités religieuses et coutumières prononcent régulièrement des discours homophobes, mais le Cedoca n’a pas trouvé de déclarations récentes à ce sujet.

 

[1] USAID, FHI 360, Pacte-VIH,2017, url

Politique de traitement

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont le Bureau européen d’appui en matière d’asile, le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas une note de politique de traitement disponible sur le site web.

Land: 
Burkina Faso

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