Situation ethnique

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D’après les chiffres disponibles, les Peuls représentent 40 % de la population guinéenne, les Malinkés 30 %, les Soussous 20 % et les autres groupes ethniques 10 %. Les Peuls sont majoritaires en Moyenne Guinée, les Malinkés en Haute Guinée et les Soussous en Guinée Maritime. La région forestière compte quant à elle diverses ethnies, comme les Kpellés et les Kissis.

Lors des diverses missions effectuées à Conakry, le Cedoca a pu observer un climat de bonne entente entre les différentes ethnies. Les sources consultées soulignent également l’harmonie qui règne entre les communautés, aussi bien dans les familles que dans les quartiers. Les mariages inter-ethniques en sont une illustration. Le sociologue Alpha Amadou Bano Barry explique que les ethnies de Guinée ont une histoire commune et partagent les mêmes valeurs. Les différences sont avant tout d’ordre linguistique et organisationnel.

Si la junte dirigée par Mamadi Doumbouya a d’abord affiché une volonté d’unité après le coup d’État du 5 septembre 2021, les tensions ethniques, déjà exploitées sous Alpha Condé, ont vite refait surface. Depuis l’arrivée au pouvoir du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD), les Malinkés occupent en effet une place dominante. La politique guinéenne reste marquée par un clivage ethnique, notamment entre Malinkés et Peuls, ces derniers n’ayant jamais accédé à la présidence.

La route Le Prince, principalement habitée par des Peuls, est un lieu central de contestation à Conakry. À la suite du coup d'État, une période d’apparente liberté a été suivie par une recrudescence des violences, caractérisée par une forte présence policière et l'usage d'armes à feu. Amnesty International (AI) rapporte que la majorité des victimes de manifestations depuis 2019 viennent de cette zone et portent souvent des noms peuls. Cela étant, au cours des deux dernières décennies, des individus de toutes origines ethniques et régionales ont été victimes d’un usage illégal de la force à travers l’ensemble du territoire national. Il serait donc inexact, selon AI, d’affirmer que les Peuls sont spécifiquement visés en raison de leur appartenance ethnique.

La Loi de juillet 2016 relative à la cyber sécurité et à la protection des données à caractère personnel punit la diffusion de contenus racistes ou xénophobes via des moyens informatiques. Plusieurs blogueurs et activistes ont été poursuivis pour propos discriminatoires sur Internet. Ce climat reflète sur les réseaux sociaux en Guinée une montée des discours ethniques souvent utilisés pour opposer les groupes, comme le souligne une anthropologue guinéenne.

Politique de traitement

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas de note de politique de traitement disponible sur le site Internet du CGRA.

Land: 
Guinée