Les élections législatives ont eu lieu au Burundi en juin 2025 dans un contexte de restrictions sévères à la liberté d’expression et de l’espace politique, selon Human Rights Watch (HRW). Les principaux opposants politiques en étaient exclus. Le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), a remporté la totalité des sièges au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs sources font état de « la disparition du pluralisme institutionnel » ou encore de « monopartisme ».
Des observateurs soulignent la persistance de nombreux problèmes structurels au niveau des droits humains. Des sources onusiennes relèvent une « recrudescence alarmante » des exactions à l’égard des défenseurs des droits humains et des opposants politiques depuis fin 2023. Les violations telles que des arrestations arbitraires, des cas de torture et des disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires perdurent. Elles sont pour la plupart de la responsabilité de la police, du Service national de renseignement (SNR) et des Imbonerakure, agissant dans un environnement de large impunité. Des sources soulignent la connivence entre les services de sécurité et les Imbonerakure qui, selon le rapporteur spécial onusien, ont toute latitude pour commettre des violations.
L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) et le rapporteur spécial onusien ont noté une diminution des violations perpétrées par des agents étatiques en 2022 et 2023, alors qu’en 2024 et 2025, le nombre d’incidents répertoriés par l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), en particulier les violences dirigées contre les civils, était légèrement en hausse. La Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka avance un nombre de victimes bien plus élevé que l’ACLED.
En 2025, des affrontements parfois très meurtriers entre l’armée burundaise et des groupes armés rwandophones ont eu lieu dans le nord-ouest du pays autour de la forêt de Kibira. Par ailleurs, aucune incursion ou attaque de groupes rebelles sur le territoire burundais n’a été documentée depuis début 2024. A l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’armée burundaise a poursuivi ses opérations de soutien aux forces congolaises contre le groupe rebelle Mouvement du 23 mars (M23) qui a coalisé avec, entre autres, le mouvement rebelle burundais Résistance pour un État de droit au Burundi (RED) Tabara. Plusieurs sources signalent de lourdes pertes dans les rangs de l’armée burundaise.
Tout au long de la période préélectorale et pendant le scrutin de juin 2025, les Imbonerakure se sont rendus coupables de multiples abus à l’égard de personnes perçues comme opposées au parti au pouvoir. Les médias indépendants ont documenté des exactions à l’encontre de militants du Congrès national pour la liberté (CNL) ainsi que de certains autres partis de l’opposition. Des associations burundaises soulignent que le conflit en RDC sert de prétexte aux autorités pour intensifier la surveillance et la répression de personnes soupçonnées de collaborer avec des groupes armés.
Les sources consultées continuent à rapporter la découverte de multiples cadavres dans l’espace public. Souvent, les corps présentent des signes de violence et sont enterrés sans enquête. Selon SOS Médias Burundi, les provinces de Cibitoke et de Gitega sont particulièrement affectées.
La société civile et les médias opèrent toujours dans un encadrement strict et sous surveillance accrue. De nouveaux cas de harcèlements, d’arrestations et de condamnations de défenseurs des droits humains et de journalistes ont eu lieu en 2025.
Le conflit à l’est de la RDC, la menace d’une offensive du M23 contre la ville frontalière d’Uvira et l’afflux de réfugiés congolais banyamulenge ont suscité la crainte d’une infiltration de combattants et provoqué une intensification des discours à caractère ethnique. Selon le Réseau Europe-Afrique centrale (EurAc), ce contexte a augmenté le risque d’intimidation et de répression pour les Burundais tutsi dans certaines zones du pays.
Fin juillet 2025, les pays voisins hébergeaient quelque 322.000 réfugiés et demandeurs de protection internationale (DPI) burundais. Alors que plus de 250.000 réfugiés sont retournés au Burundi depuis 2017 avec l’assistance du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce mouvement de retour a diminué en intensité depuis 2022. Le retour dans des communautés souvent vulnérables, l’accès difficile aux moyens de subsistance et aux services de base et, dans certains cas, des problèmes de sécurité et de surveillance affectent la réintégration.
Plusieurs sources indiquent que le pays traverse une situation socio-économique sévère : les pénuries diverses, notamment de carburant, et les coupures d’électricité paralysent l’activité économique, alors que les prix alimentaires augmentent et que l’inflation atteint des niveaux record. Les conséquences du déclin économique sur la situation humanitaire sont importantes : les systèmes sanitaire et éducatif sont en chute libre en raison d’infrastructures délabrées et d’un manque de ressources et de personnel qualifié. Le rapporteur spécial onusien relève une insécurité alimentaire persistante aggravée par plusieurs facteurs structurels. Les pénuries d’eau potable dans l’ouest du pays ont provoqué des épidémies de choléra dans certaines localités de cette région.
Politique de traitement
La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.
Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.
Pour ce pays, il n’y a pas de note de politique de traitement disponible sur le site Internet du CGRA.
