Depuis 2016, année des premières attaques de groupes djihadistes au Burkina Faso, les affrontements avec les forces de sécurité et les pertes civiles augmentent de manière continue. En 2024, le Burkina Faso est le pays ayant subi le plus grand nombre de pertes humaines dues au terrorisme. À partir du second semestre 2024 et jusqu’au premier semestre 2025, la situation sécuritaire se dégrade encore. En janvier 2025, l’insécurité atteint un seuil critique, marqué par un nombre record d’attaques et par des opérations armées simultanées et quasi quotidiennes dans plusieurs régions, limitant la capacité de réponse de l’État. Entre septembre 2024 et septembre 2025, les groupes djihadistes intensifient leurs activités et sont quatre fois plus souvent à l’initiative d’affrontements que les forces burkinabè. Par ailleurs, depuis 2024, les affrontements entre les deux principaux groupes djihadistes diminuent, sans explication clairement identifiée.
Les forces de défense et de sécurité, malgré l’engagement de personnel et diverses réformes, continuent de faire face à de graves difficultés et d’enregistrer de nombreuses pertes. Elles sont également responsables de violences, alors que le Comité des droits de l’homme des Nations unies a exprimé ses préoccupations concernant des allégations d’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, tortures, arrestations arbitraires et détentions au secret. Plusieurs sources soulignent l’ampleur croissante des violences étatiques contre les civils. Selon certaines sources, le ciblage de civils ne reposerait plus sur un critère ethnique, mais sur leur localisation géographique, notamment dans les zones où des civils sont soupçonnés de complicité avec les groupes armés. Un analyste de l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) indique toutefois que les Peuls constituent la communauté la plus souvent ciblée par les forces étatiques et les milices progouvernementales.
Le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) demeure le groupe djihadiste le plus actif dans le conflit sahélien et au Burkina Faso, opérant dans la majeure partie du pays et disposant d’une large liberté de mouvement. Ses modes opératoires sont devenus plus sophistiqués, incluant désormais des attaques en zones urbaines, une occupation temporaire de villes et des tentatives d’établir une gouvernance rudimentaire. La possibilité d’une prise de Ouagadougou par le JNIM, désormais décrite par certaines sources comme plausible, reste néanmoins incertaine à l’heure actuelle. Selon l’Institute for Security Studies (ISS), le JNIM et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) n’ont cependant pas l’intention de s’emparer des capitales régionales, leurs stratégies visant plutôt à éroder l’autorité étatique dans les zones rurales périphériques. L’EIGS est décrit au premier semestre 2025 comme cantonné à une zone limitée, tout en semblant chercher à étendre sa portée, notamment au Niger. Selon un expert de la situation sécuritaire au Burkina Faso, les groupes djihadistes ciblent systématiquement les villages où sont installés des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
D’après les données de l’ACLED couvrant la période du 1er juillet 2024 au 14 novembre 2025, la région de la Boucle du Mouhoun est la plus touchée par les violences (1.865 victimes), suivie de l’Est (1.762 victimes) et du Sahel (1.490 victimes).
Parallèlement, depuis 2025, les sources font état d’une dégradation des droits humains, avec notamment des arrestations arbitraires de journalistes et de membres de la société civile, des disparitions forcées, des détentions illégales, des exécutions sommaires, la suspension prolongée des partis politiques, des pressions sur les médias et des incitations à la délation, ainsi que des enrôlements illégaux dans l’armée.
L’accès aux services de base, tels que le logement, l’éducation, l’assainissement et les moyens de subsistance, demeure un enjeu majeur pour les personnes déplacées, notamment celles installées à Ouagadougou.
Concernant la situation humanitaire, la présence de l’État dans les zones instables apparait très limitée, l’administration burkinabè étant presque incapable de se déplacer en milieu rural. Les conséquences humanitaires incluent la fermeture de plus de 5.000 écoles, affectant près de deux millions d’enfants, tandis que plus de 3,2 millions d’enfants nécessitent une aide humanitaire. À la fin de l’année 2024, quatre millions de personnes étaient privées d’accès aux soins. Selon les prévisions, entre février et mai 2026, une crise alimentaire est attendue dans plusieurs communes du Nord et de l’Est.
Politique de traitement
La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.
Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.
Pour ce pays, il n’y a pas de note de politique de traitement disponible sur le site Internet du CGRA.
