Situation sécuritaire

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Le présent COI Focus est une mise à jour du COI Focus Liban – La situation sécuritaire au Liban du 8 janvier 2018. La période de référence s’étend de janvier 2018 à juin 2018. Les recherches ont été clôturées le 28 juin 2018.

Au Liban, le pouvoir est partagé selon des quotas confessionnels, d’où un système politique fortement polarisé, enclin aux conflits et à l’ingérence étrangère. Le Liban est un pays qui connaît un État faible et un fragile équilibre confessionnel. La prolifération des armes et la présence de milices armées entraînent un risque de sécurité pour les civils libanais, d’après le Conseil de sécurité de l’ONU. Le pays a subi les contrecoups de la guerre civile en Syrie, qui a accentué la polarisation de la vie politique, suscité une crise massive de l’asile et aggravé les tensions confessionnelles. L’on observe une polarisation croissante entre sunnites et chiites dans le pays. D’autre part, comme la guerre civile libanaise reste fortement présente dans la mémoire collective du pays, les dirigeants politiques et religieux appellent la population au calme à chaque nouvelle flambée des tensions. Selon les observateurs, les règles de partage du pouvoir de l’après-guerre et les intérêts des différentes élites religieuses permettent d’éviter une nouvelle guerre civile. Les deux camps politiques libanais maintiennent un dialogue.

À aucun moment, la violence au Liban n’a pris la même ampleur qu’en Syrie. Ces dernières années, elle s’est plutôt limitée à une « guerre de l’ombre », qui prenait la forme d’attentats (principalement contre le Hezbollah et l’armée), d’affrontements près de la frontière entre les différentes parties et d’enlèvements aux motivations confessionnelles. En 2016, 2017 et durant la première moitié de 2018, les observateurs ont constaté une amélioration des conditions générales de sécurité. Les opérations de l’armée et du Hezbollah, ainsi que l’évolution de la situation en Syrie, ont entraîné une nette diminution de la violence. En 2017, le Liban a bénéficié d’une nouvelle dynamique politique, d’une meilleure situation en matière sécuritaire et d’un large soutien de la population à l’armée. L’élection d’un président à la fin de 2016 et la formation d’un gouvernement de grande coalition ont mis fin à une longue période d’instabilité politique. Suite à cette évolution politique, l’Iran a accru son influence dans le pays au détriment de l’Arabie saoudite.

Le 6 mai 2018, pour la première fois, des élections législatives ont eu lieu, après avoir été systématiquement reportées depuis 2013 pour des raisons de sécurité. À cette occasion, le bloc parlementaire lié au Hezbollah a encore renforcé sa position. Le Hezbollah domine la politique libanaise et l’environnement militaire. En outre, il a un droit de facto de veto sur toutes les décisions du gouvernement. Aucune organisation politique libanaise, ni aucun autre État (Iran, Israël) n’a intérêt à une escalade de la violence, ni à prendre le risque d’une guerre civile au Liban.

Des mouvements salafistes locaux ont été démantelés et un grand nombre d’extrémistes arrêtés. Alors qu’en 2014 la plupart des morts civils dus aux violences confessionnelles étaient recensés dans les banlieues sud de Beyrouth et dans un certain nombre de quartiers densément peuplés de Tripoli, ce type de violences a maintenant pris fin. Le dernier attentat commis à Beyrouth consistait en un attentat suicide dans le quartier chiite de Bourj al-Barajneh (sud de Beyrouth), le 12 novembre 2015. Grâce au renforcement des mesures de sécurité et au déploiement de l’armée, associés à d’autres mesures, il n’y a plus eu d’affrontements armés entre milices sunnites et alaouites à Tripoli depuis avril 2014.

En 2016 et la première moitié de 2017, les violences se concentraient dans la région frontalière avec la Syrie, essentiellement dans la partie nord-est de la plaine de la Bekaa (Arsal, Ras Baalbek). Dans cette zone frontalière montagneuse se jouait une guerre d’usure de basse intensité, dans le cadre de laquelle des combattants du HTS et de l’EI s’en prenaient à des postes de l’armée, alors que l’armée ou le Hezbollah menaient des opérations de harcèlement des combattants. L’EI et le HTS se sont également combattus entre eux, avec des pertes presque exclusivement dans les deux camps. L’autorité étatique a été restaurée dans la région frontalière du nord-est à l’été 2017, ce qui a également permis de réduire partiellement l’impact de la guerre en Syrie sur les conditions de sécurité dans le pays. Le Hezbollah et l’armée contrôlent à présent toute la région frontalière avec la Syrie. Le départ de près d’un millier de combattants de l’EI et du HTS a mis fin aux affrontements armés qui se produisaient presque quotidiennement dans la région frontalière du nord-est.

La fin de la violence armée dans la région frontalière et la prise de contrôle par le régime Assad d’une grande partie de l’ouest de la Syrie ont également fait baisser fortement la violence transfrontalière depuis la Syrie (tirs de roquettes et de mortier par des groupes rebelles et frappes aériennes de l’armée syrienne). Depuis la fin de l’été 2017, on n’a plus signalé de violences le long de la frontière syrienne.

Dans les autres régions du pays, la situation est généralement calme. La situation au Sud-Liban est restée stable pendant la période de référence, malgré les discours menaçants de part et d’autre. La résolution 1701 des Nations unies, qui a mis un terme au conflit entre le Hezbollah et Israël en 2006, est largement respectée par les deux parties, qui maintiennent de part et d’autre un équilibre de la terreur.

Les violences dont il a été fait état pendant la période de référence consistaient essentiellement en des violences de nature criminelle, dont aussi des incidents entre clans, dans le cadre desquelles des personnes ont été tuées et blessées. Par ailleurs, l’on a observé des troubles sociaux et des cas isolés de violences électorales. Enfin, plusieurs raids et arrestations de présumés extrémistes ont donné lieu à des fusillades.

La situation reste relativement calme aussi dans les camps palestiniens, à l’exception de celui d’Ayn al-Hilweh. Entre début novembre 2016 et novembre 2017, ces violences dans ce camp (1,5 km²) ont fait au moins cinquante morts, lors de plusieurs séries de combats entre le Shabab al- Muslim et le Fatah (et la Force de sécurité conjointe). Des civils figurent parmi les victimes, car les échanges de tirs se déroulent dans des quartiers densément peuplés. Au cours de la période de référence, les tensions sont retombées, tout comme les violences entre le Fatah et les organisations islamistes se sont apaisées. Plusieurs membres d’organisations extrémistes ont quitté le camp, se sont rendus aux autorités, leur ont été remis ou ont été arrêtés. Pendant la première moitié de 2018, cinq personnes ont été tuées et une quinzaine d’autres ont été blessées. La nouvelle Force de sécurité conjointe s’est déployée dans les quartiers les plus sensibles, mais la situation reste tendue et les trêves ne durent jamais très longtemps en règle générale.

La situation en matière de sécurité est restée stable au Liban, en dépit de la guerre civile en Syrie et de la crise massive des réfugiés qui en résulte. Quoique les tensions s’accroissent, le Liban reste jusqu’à présent à l’écart de l’impact régional de la guerre froide que se livrent l’Iran et l’Arabie saoudite, d’une part, et l’Iran et Israël, d’autre part.

Politique de traitement

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont le Bureau européen d’appui en matière d’asile, le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas une note de politique de traitement disponible sur le site web.

Land: 
Liban

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