Situation sécuritaire à Bangui

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Depuis 2021, l’influence des groupes armés en République centrafricaine (RCA) a considérablement diminué. En avril 2025, les deux groupes armés les plus actifs, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) et le mouvement Retour, réclamation, réhabilitation (3R), ont annoncé leur retour dans l’accord de paix de 2019. Plusieurs sources restent sceptiques sur la durabilité de ces engagements. Les groupes armés restent les principaux responsables des violations des droits humains à l’intérieur du pays, d’après des sources onusiennes, qui ont noté une augmentation de ces violations depuis 2024.

La plateforme principale de l’opposition politique, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a boycotté le quadruple scrutin – présidentiel, législatif, régional et municipal – de décembre 2025, qui s’est déroulé sans incident majeur dans les centres urbains. L’opposition a dénoncé des irrégularités importantes. Le président Faustin Archange Touadéra a remporté un troisième mandat.

D’après les données de l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), les parties combattantes principalement responsables des incidents violents à Bangui sont les Forces armées centrafricaines (FACA), dont le Bataillon d’intervention rapide (BIR) et l’unité de sécurité présidentielle, ainsi que le groupe Wagner composé de mercenaires russes. Si les FACA ont progressivement étendu leur présence sur le territoire, elles opèrent, avec l’accord de l’entourage proche du président, quasi totalement sous le commandement de Wagner, en particulier à l’intérieur du pays. Même si Wagner est moins visible à Bangui, l’organisation a infiltré l’ensemble des structures de sécurité et est accusée de graves atteintes aux droits humains.

De début 2024 à fin décembre 2025, l’ACLED a enregistré à Bangui, qui abrite près d’un quart de la population, 47 incidents violents, soit 5 % de tous les incidents répertoriés en RCA. Ces incidents, pour la plupart des violences contre des civils, ont fait 32 morts, soit 2 % de toutes les victimes. Plusieurs sources signalent une augmentation continue de l’insécurité liée à la criminalité à Bangui. La presse suggère l’implication d’éléments policiers ou militaires ainsi que des membres de Wagner dans des braquages et des rackets. Le quartier musulman Point kilométrique 5 (PK5) du 3e arrondissement est particulièrement touché. En 2024, des éléments de Wagner y ont enlevé et parfois tué d’anciens membres de milices d’autodéfense qui ont refusé de servir dans l’armée. En tant que poumon économique de la capitale, ce quartier est aussi une cible privilégiée du banditisme.

Face à cette recrudescence de la criminalité, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a régulièrement effectué des patrouilles conjointes avec les forces de sécurité centrafricaines. Par ailleurs, la MINUSCA ne considère plus Bangui comme une zone prioritaire en matière de protection des civils.

Human Rights Watch (HRW) affirme que le gouvernement réprime la société civile, les médias et les partis politiques de l’opposition. Des institutions gouvernementales ont empêché des opposants de manifester et ont faussement accusé des activistes de collaborer avec les groupes armés.

Pour la préfecture de Bangui, les Nations unies ont enregistré 94.000 personnes déplacées internes (PDI), presque toutes vivant dans des familles d’accueil.

La RCA dépend largement des institutions financières internationales pour le financement de ses dépenses publiques. Le pays souffre de pénuries récurrentes de carburant en raison du rôle du crime organisé dans l’approvisionnement. Ceci fait flamber les prix alimentaires, affectant le pouvoir d’achat de la population. Les services sanitaires sont concentrés dans la capitale et largement inaccessibles en dehors de Bangui. Les opportunités pour la jeunesse en matière d’éducation, d’emploi ou de participation politique sont restreintes. Près de 40 % des habitants de Bangui vivent dans la pauvreté. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, OCHA) a relevé des taux préoccupants d’insécurité alimentaire.

Politique de traitement

La politique définie par le commissaire général se fonde sur une analyse approfondie d’informations récentes et détaillées sur la situation générale dans le pays. Ces informations ont été recueillies de manière professionnelle auprès de diverses sources objectives, dont l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des organisations non gouvernementales, ainsi que la littérature spécialisée et les médias. Pour définir sa politique, le commissaire général ne se fonde donc pas exclusivement sur les COI Focus publiés sur le site du CGRA, qui ne traitent que de certains aspects particuliers de la situation du pays. Le fait qu’un COI Focus date d’un certain temps déjà ne signifie donc pas que la politique menée par le commissaire général ne soit plus d’actualité.

Pour examiner une demande d’asile, le commissaire général tient non seulement compte de la situation objective dans le pays d’origine à la date de la décision mais également de la situation individuelle et des circonstances personnelles du demandeur. Chaque demande d’asile est examinée au cas par cas. Le demandeur d’asile doit montrer de manière suffisamment concrète qu’il éprouve une crainte fondée de persécution ou court un risque réel d’atteintes graves. Il ne peut donc se contenter de renvoyer à la situation générale dans son pays mais doit également présenter des faits concrets et crédibles le concernant personnellement.

Pour ce pays, il n’y a pas de note de politique de traitement disponible sur le site Internet du CGRA.

Land: 
République centrafricaine