Situation sécuritaire à Jalalabad, Behsud et Surkhrod

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Dans le présent COI Focus, le Cedoca décrit les conditions de sécurité dans la ville de Jalalabad, chef-lieu de la province de Nangarhâr, à l’est de l’Afghanistan. La période couverte par ce rapport s’étend du 1er février 2018 au 31 janvier 2019. Les recherches effectuées dans le cadre de ce COI Focus se sont clôturées le 25 février 2019. Ce document constitue une mise à jour du COI Focus portant le même titre, du 20 février 2018.

Ce COI Focus ne contient pas de description d’ensemble du conflit en Afghanistan, ni de la situation dans la province de Nangarhâr. Bien que l’analyse des conditions de sécurité dans la ville de Jalalabad en soit le thème central, une partie des informations (notamment celles ayant trait à la typologie de la violence) traitent aussi du district de Jalalabad et des districts voisins, Behsud et Surkhrod, respectivement au nord et à l’ouest de la ville de Jalalabad. Effectivement, plusieurs sources signalent qu’il existe une plus vaste zone urbaine qui englobe des parties de Behsud et de Surkhrod.

Jalalabad est la cinquième plus grande ville d’Afghanistan. Elle constitue un important centre de négoce de l’est du pays, occupant une position stratégique le long de plusieurs routes commerciales.

Du 1er février 2018 au 31 janvier 2019, pas moins de 71 incidents ont été enregistrés à Jalalabad et dans le district du même nom. Plus de la moitié de ces incidents impliquaient des IED, des mines et d’autres explosifs. Par ailleurs, la région de Jalalabad est confrontée à des meurtres (ciblés) et à la criminalité. La plupart des attentats commis dans la ville sont attribués à l’ISKP et, dans une moindre mesure, aux talibans. Bien qu’à Jalalabad les violences visent essentiellement certains profils, tant à caractère militaire que civil, les victimes civiles ne sont pas rares. De nombreux civils perdent la vie dans des attentats suicide ou complexes. Au cours de la période couverte par le présent rapport, l’ISKP a commis des attentats contre des « soft targets », comme un stade de cricket, un centre de formation pour sages-femmes ou un groupe de sikhs et d’hindous. Outre la criminalité préexistante, la multiplication de ce type d’attentats a suscité en 2018 un sentiment croissant d’insécurité à Jalalabad. Début août 2018, le gouvernement afghan est intervenu en transférant à l’armée nationale le contrôle de la sécurité de la ville.

Au cours de la période couverte par ce rapport, du 1er février 2018 au 31 janvier 2019, ce sont neuf incidents qui se sont produits dans le district de Behsud. Durant la même période, il y en a eu 30 dans le district de Surkhrod. Dans les districts de Behsud et Surkhrod, les violences visent principalement le personnel des services de sécurité, mais causent aussi des dommages collatéraux parmi les civils. Tant à Behsud qu’à Surkhrod, ce sont surtout les talibans qui revendiquent les attentats. Aucune statistique précise n’est disponible quant aux victimes civiles à Jalalabad, dans les districts de Behsud et de Surkhrod.

Par rapport aux années précédentes, le nombre d’IDP a baissé dans la province de Nangarhâr. Néanmoins, la majorité des IDP dans l’est de l’Afghanistan trouvent toujours refuge à Jalalabad et dans les districts de Behsud et de Surkhrod. Les recherches démontrent que les familles déplacées à Jalalabad sont confrontées à des récurrents : le manque de moyens de subsistance, un accès limité aux services de base et un manque d’opportunités sur le marché de l’emploi. La densité croissante de la population entraîne une surcharge des services en place et des infrastructures de la ville de Jalalabad. Les loyers augmentent, ainsi que les droits d’inscription scolaires et il est question d’insécurité alimentaire.

À partir de Kaboul, Jalalabad n’est accessible que par voie terrestre. Durant la période couverte par ce rapport et, en particulier, pendant le mois de juillet 2018, l’armée afghane a mené plusieurs opérations le long de la route principale qui relie Kaboul à Jalalabad, dans les districts de Surobi (province de Kaboul) et Qarghayi (province de Laghman). L’aéroport proche de la ville n’est utilisé qu’à des fins militaires et fait sporadiquement l’objet d’attaques de la part des insurgés.

Politique de traitement

La situation sécuritaire en Afghanistan est en grand partie déterminée par un conflit armé interne de longue durée, en raison duquel un grand nombre de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays ou se sont réfugiées à l’étranger. Pour évaluer le besoin de protection internationale, le commissaire général tient compte du fait qu’il existe en Afghanistan des différences régionales majeures dans la situation sécuritaire et dans la nature et l’intensité de la violence.

Land: 
Afghanistan
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